Traitements · Arthrose

Arthrose : que peut-on faire avant une opération ?

Le traitement d’une arthrose ne se résume ni à « attendre » ni à multiplier les infiltrations. L’objectif est de diminuer la douleur, préserver la force et l’activité, puis réévaluer régulièrement ce que la maladie empêche réellement de faire.

L’essentiel

À retenir en 30 secondes

  • L’exercice et le renforcement constituent le socle du traitement.
  • Une radiographie sévère n’impose pas à elle seule une opération.
  • Les médicaments et infiltrations peuvent aider, mais leur rôle est surtout symptomatique.
  • Une prothèse se discute lorsque douleur, fonction et qualité de vie restent insuffisantes malgré une prise en charge adaptée.

Le traitement conservateur est un programme, pas un geste isolé

Une arthrose est une maladie de l’ensemble de l’articulation : cartilage, os sous-chondral, synoviale, ménisques au genou, muscles et structures péri-articulaires participent au tableau. Le traitement doit donc combiner plusieurs leviers. Une injection peut créer une fenêtre de moindre douleur, mais elle n’a de sens que si elle permet ensuite de mieux bouger, renforcer et récupérer de la fonction.

Activité physique et renforcement

L’objectif n’est généralement pas de mettre l’articulation au repos. Une activité adaptée entretient la force, le contrôle neuromusculaire, la capacité cardiovasculaire et la confiance dans le mouvement. Le programme est individualisé : quadriceps et chaîne postérieure pour le genou, abducteurs et muscles pelvi-trochantériens pour la hanche, travail d’endurance à faible ou moyen impact, mobilité et contrôle du geste.

Poids, sommeil, tabac et santé générale

Lorsqu’un excès pondéral est présent, une diminution même modérée du poids peut réduire la contrainte mécanique et améliorer les symptômes, surtout au genou. Le sommeil, le tabac, le diabète, la santé cardiovasculaire et l’état psychologique influencent aussi la douleur, la récupération et le risque opératoire. Les aborder n’est pas « détourner » le problème de l’articulation : cela fait partie du traitement.

Médicaments et infiltrations

Les antalgiques et les anti-inflammatoires peuvent être proposés selon le terrain, les contre-indications et la durée des symptômes. Les infiltrations de corticoïdes ont surtout un rôle de soulagement à court terme. L’acide hyaluronique reste discuté, particulièrement au genou, avec des recommandations internationales divergentes. Le PRP a des données encourageantes dans l’arthrose du genou légère à modérée, mais la préparation et la dose plaquettaire comptent et les résultats restent variables.

Quand réévaluer l’option chirurgicale ?

La bonne question n’est pas « l’arthrose est-elle assez usée ? », mais « que reste-t-il possible sans opération, et quel bénéfice raisonnable peut-on attendre d’une intervention ? ». Une limitation croissante de la marche, du sommeil, du travail ou des activités importantes pour le patient malgré un traitement bien conduit peut faire évoluer la discussion.

Questions fréquentes

Ce que les patients demandent souvent

Dois-je arrêter le sport si j’ai de l’arthrose ?

Non dans la majorité des cas. Il faut plutôt adapter la charge, le type d’activité et la progression.

Une infiltration peut-elle éviter une prothèse ?

Elle peut diminuer les symptômes et parfois différer une chirurgie, mais elle ne « répare » pas une arthrose avancée.

Faut-il attendre que la douleur soit insupportable ?

Non. L’indication se discute avant l’épuisement complet, mais jamais sur une radiographie seule.

Révision médicale : Dr Julien Stanovici, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur. Dernière révision : août 2026. Ce contenu informe et aide à préparer une consultation ; il ne remplace pas une évaluation médicale individualisée. À propos de l’auteur.
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