Genou · Ménisque

Lésion du ménisque : préserver quand cela a du sens

Toutes les fissures méniscales ne se ressemblent pas. L’âge du tissu, le type de lésion, sa vascularisation, le traumatisme et l’état du cartilage déterminent le potentiel de cicatrisation et l’intérêt d’une chirurgie.

L’essentiel

À retenir en 30 secondes

  • Une lésion traumatique réparable mérite d’être préservée.
  • Une fissure dégénérative chez un patient d’âge moyen est souvent différente biologiquement.
  • Une IRM positive n’est pas une indication opératoire.
  • La réparation est privilégiée lorsqu’elle a une chance raisonnable de cicatriser.

À quoi sert le ménisque ?

Il répartit les charges, augmente la congruence, contribue à la stabilité et protège le cartilage. Retirer du ménisque augmente les contraintes sur le compartiment concerné ; c’est pourquoi la préservation est devenue un principe majeur.

Lésion traumatique ou dégénérative

Une déchirure longitudinale périphérique chez un patient jeune après torsion n’a rien à voir avec une fissure horizontale complexe d’un ménisque médial dégénératif chez un patient de 50 ou 60 ans. La première peut très bien cicatriser après suture ; la seconde reflète souvent un processus dégénératif plus global.

Anse de seau, racine et lésions radiaires

Certaines lésions ont des conséquences biomécaniques majeures. Une anse de seau déplacée peut bloquer le genou. Une lésion de racine ou une lésion radiaire complète peut rendre le ménisque fonctionnellement inefficace et accélérer la surcharge du compartiment.

Quand suturer ?

Lorsque le tissu est de qualité suffisante, que la morphologie de la lésion est réparable et que le contexte biologique permet raisonnablement d’espérer une cicatrisation. L’objectif est de préserver le ménisque, mais pas de multiplier les sutures dans un tissu dont le potentiel d’échec est très élevé.

Et les lésions dégénératives ?

Chez le patient d’âge moyen avec douleur progressive et lésion dégénérative du ménisque médial, le traitement actif non chirurgical est souvent la première étape. Une arthroscopie ne doit pas être proposée uniquement parce qu’une IRM décrit une fissure.

Préserver le ménisque, mais pas le mot « ménisque »

La préservation méniscale signifie préserver un tissu utile lorsqu’il a une probabilité raisonnable de cicatriser. Elle ne signifie pas suturer toute fissure visible. Une lésion traumatique périphérique chez un patient jeune et une fissure horizontale complexe dégénérative chez un patient d’âge moyen sont deux problèmes biologiquement très différents.

Quand le blocage change la situation

Un véritable blocage mécanique, avec impossibilité persistante d’étendre le genou, est différent d’un genou qui craque ou accroche occasionnellement. Cette distinction peut faire évoluer rapidement le bilan et l’indication.

Questions fréquentes

Ce que les patients demandent souvent

Un genou qui clique signifie-t-il un ménisque déchiré ?

Non. Les clics et craquements sont fréquents et peu spécifiques.

Un vrai blocage change-t-il la situation ?

Oui. Une impossibilité mécanique persistante d’étendre le genou peut évoquer une lésion déplacée.

Pourquoi ne pas suturer « au cas où » ?

Parce qu’une suture impose une cicatrisation et une rééducation ; si le tissu n’a quasiment aucune chance de cicatriser, le coût biologique et fonctionnel peut dépasser le bénéfice.

Références et recommandations

Sélection de recommandations et publications utilisées pour cette page. Les sources suisses et françaises sont privilégiées lorsqu’elles existent et sont pertinentes ; elles sont complétées par les recommandations internationales et les études pivots.

  1. SOFCOT — Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique : médiathèque scientifique
  2. swiss orthopaedics — Recommandations et publications (genou, infiltrations, LCA, indication de prothèse)
  3. ESSKA — Consensus on degenerative and traumatic meniscus lesions
Révision médicale : Dr Julien Stanovici, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur. Dernière révision : août 2026. Ce contenu informe et aide à préparer une consultation ; il ne remplace pas une évaluation médicale individualisée. À propos de l’auteur.
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