À retenir en 30 secondes
- Le PRP est surtout étudié dans l’arthrose du genou légère à modérée.
- Les préparations de PRP diffèrent fortement entre elles.
- Les données récentes suggèrent un effet dose-réponse lié à la dose plaquettaire.
- Un PRP ne fait pas repousser de façon démontrée un cartilage arthrosique.
Qu’est-ce qu’un PRP ?
Après une prise de sang, le sang est centrifugé afin de concentrer les plaquettes dans un petit volume de plasma autologue. Les plaquettes libèrent de nombreux médiateurs biologiques. Le but clinique n’est pas de « remplacer » le cartilage mais de moduler l’environnement intra-articulaire et les symptômes.
Pourquoi tous les PRP ne se valent-ils pas ?
Le terme PRP recouvre des produits très différents : concentration plaquettaire, volume final, présence ou non de leucocytes, méthode de préparation et dose totale injectée. Cette hétérogénéité explique une partie des différences entre études. Des travaux récents retrouvent une relation entre une dose plaquettaire plus importante et de meilleurs résultats cliniques, surtout fonctionnels.
Dans quels patients le PRP est-il le plus intéressant ?
Le profil le plus favorable est généralement une arthrose débutante à modérée avec symptômes persistants malgré un traitement de base. Il peut également être discuté chez un patient qui souhaite repousser une chirurgie, en expliquant que plus l’arthrose est avancée, plus le risque de réponse faible ou absente augmente.
Combien d’injections ?
Il n’existe pas un protocole universel. Une stratégie raisonnable est une injection, puis une évaluation clinique. Si l’effet a été réel mais temporaire, un renouvellement peut se discuter. En revanche, lorsqu’une première injection n’a produit aucun bénéfice, répéter automatiquement le même traitement est moins convaincant et mérite une discussion individualisée.
Ce que le PRP ne permet pas d’affirmer
Le PRP ne doit pas être présenté comme une thérapie régénérative capable de reconstruire un cartilage détruit ni comme un moyen garanti d’éviter une prothèse. Il s’agit d’un traitement biologique symptomatique dont le bénéfice peut être significatif chez certains patients et faible chez d’autres.
Ce que les patients demandent souvent
Le PRP est-il douloureux ?
Une gêne ou une réaction inflammatoire transitoire peut survenir après l’injection.
Est-il remboursé en Suisse ?
La prise en charge par l’assurance de base n’est généralement pas la règle ; elle doit être vérifiée au cas par cas.
Peut-on faire du PRP avec une arthrose très avancée ?
Oui, mais l’attente doit être plus modeste et l’éventualité d’un échec clairement discutée.
Le PRP est-il « meilleur » que l’acide hyaluronique ?
Certaines études favorisent le PRP à moyen terme, mais le choix dépend du profil du patient, du coût et du type de produit utilisé.
Références et recommandations
Sélection de recommandations et publications utilisées pour cette page. Les sources suisses et françaises sont privilégiées lorsqu’elles existent et sont pertinentes ; elles sont complétées par les recommandations internationales et les études pivots.
- HAS — CELLULAR MATRIX A-CP-HA KIT : évaluation PRP + acide hyaluronique dans la gonarthrose (2024)
- HAS — Arthrose : prise en charge, activité physique, mesures hygiéno-diététiques et traitements symptomatiques
- SOFCOT — Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique : médiathèque scientifique
- swiss orthopaedics — Recommandations et publications (genou, infiltrations, LCA, indication de prothèse)
- Patel et al. — Conventional dose versus superdose PRP in knee osteoarthritis, randomized trial (2024)
- Berrigan et al. — Effect of platelet dose on outcomes after PRP for knee osteoarthritis
- AAOS — Management of Osteoarthritis of the Knee (Non-Arthroplasty), CPG
- Arthrex — ACP Double-Syringe System (manufacturer information)