À retenir en 30 secondes
- La douleur de hanche est souvent inguinale mais peut être ressentie jusque dans le genou.
- Une radiographie sévère n’impose pas une prothèse si la fonction reste satisfaisante.
- L’IRM n’est pas systématique dans une arthrose déjà évidente.
- Activité, renforcement, médicaments adaptés et parfois infiltration peuvent maintenir une bonne fonction.
- La PTH se discute lorsque la hanche limite durablement la vie malgré une prise en charge raisonnable.
L’arthrose de hanche ne se résume pas au pincement radiologique
La hanche arthrosique associe des modifications du cartilage, de l’os sous-chondral, de la synoviale et de la forme articulaire. La radiographie montre la structure ; elle ne mesure ni la douleur, ni la capacité à marcher, ni l’importance que le patient accorde à ses activités.
La douleur typique est inguinale, mais elle peut être fessière, latérale, antérieure dans la cuisse ou même ressentie au genou. La raideur se révèle souvent par des choses très concrètes : mettre une chaussette, entrer dans une voiture, se couper les ongles, enfourcher un vélo ou effectuer certains mouvements sportifs.
Une arthrose importante peut rester longtemps étonnamment bien tolérée. Dans ce cas, il n’y a pas d’intérêt à intervenir simplement pour « corriger » l’image.
Examen clinique et radiographie répondent souvent à l’essentiel
Je cherche une limitation des rotations, une douleur provoquée par certains mouvements, une boiterie, une différence de force et les signes qui orientent vers le rachis ou les tissus péri-articulaires. Des radiographies simples bien réalisées suffisent souvent à confirmer le diagnostic et à évaluer la morphologie.
L’IRM n’est pas systématique. Elle devient utile lorsqu’on suspecte une autre pathologie, une nécrose, une atteinte précoce, un problème du labrum chez un patient plus jeune ou lorsque les symptômes ne concordent pas avec les radiographies.
Dans les tableaux mixtes hanche–rachis, une infiltration intra-articulaire guidée peut parfois avoir une valeur diagnostique : si elle supprime temporairement la douleur habituelle, cela aide à attribuer plus précisément les symptômes à la hanche.
Ce que l’on peut faire avant une prothèse
L’activité adaptée et le renforcement restent utiles : conserver les abducteurs, les extenseurs et la capacité cardiovasculaire facilite à la fois la vie quotidienne et, si une opération devient nécessaire, la récupération. Les AINS peuvent aider lorsqu’ils sont compatibles avec le terrain.
Une infiltration cortisonée guidée peut être utilisée pour un soulagement à court terme ou dans certaines situations diagnostiques. En revanche, l’AAOS ne recommande pas l’acide hyaluronique intra-articulaire pour l’arthrose symptomatique de hanche, faute de bénéfice démontré.
Le but du traitement conservateur n’est pas de repousser coûte que coûte une prothèse totale de hanche. Il est de conserver une vie satisfaisante tant que cela fonctionne. Lorsque ce n’est plus le cas, répéter des traitements inefficaces n’apporte pas nécessairement de bénéfice.
Quand la PTH devient-elle raisonnable ?
Le moment arrive lorsque la hanche devient le facteur limitant principal : marche réduite, activités abandonnées, sommeil perturbé, travail ou voyages compliqués, malgré une stratégie non chirurgicale raisonnable. Il n’existe pas de seuil radiologique unique.
Chez un patient jeune, l’âge ne contre-indique pas une PTH, mais la longévité de l’implant et la probabilité d’une révision au cours de la vie pèsent davantage dans la discussion. À l’inverse, chez un patient âgé mais actif, une chirurgie qui restaure rapidement l’autonomie peut avoir une valeur considérable.
Je préfère une décision prise parce que le bénéfice attendu est clair plutôt qu’une intervention déclenchée par une formule comme « os contre os ». C’est la fonction perdue — et ce que l’on pense pouvoir restituer — qui donne son sens à l’opération.
Le genou peut être le premier symptôme d’une hanche
Une douleur projetée vers la cuisse ou le genou peut retarder le diagnostic si la hanche n’est pas examinée. Lorsque la douleur du genou ne correspond pas à l’examen local, regarder la mobilité de la hanche est une étape simple mais importante.
Le moment de la prothèse
Je ne cherche ni à poser une prothèse « tôt », ni à attendre que le patient ait perdu toute autonomie. Le bon moment est celui où la hanche est devenue le facteur limitant principal et où le bénéfice attendu de la PTH est suffisamment clair pour justifier l’intervention.
Ce que les patients demandent souvent
Une arthrose sévère à la radio impose-t-elle une PTH ?
Non. Certaines arthroses radiologiquement importantes restent étonnamment bien tolérées.
Une douleur au genou peut-elle venir de la hanche ?
Oui. Une douleur projetée au genou est classique et doit faire examiner la hanche.
Faut-il attendre d’avoir très mal la nuit ?
Non. Le moment optimal dépend du retentissement global et du bénéfice attendu.
Références et recommandations
Sélection de recommandations et publications utilisées pour cette page. Les sources suisses et françaises sont privilégiées lorsqu’elles existent et sont pertinentes ; elles sont complétées par les recommandations internationales et les études pivots.
- HAS — Arthrose : prise en charge, activité physique, mesures hygiéno-diététiques et traitements symptomatiques
- SOFCOT — Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique : médiathèque scientifique
- swiss orthopaedics — Recommandations et publications (genou, infiltrations, LCA, indication de prothèse)
- NICE NG226 — Osteoarthritis in over 16s: diagnosis and management
- AAOS — Management of Osteoarthritis of the Hip, CPG (2023)
- swiss orthopaedics — Informations destinées aux patients