À retenir en 30 secondes
- Distinguer lésion focale et arthrose diffuse.
- Corriger les facteurs mécaniques associés si nécessaire.
- La chirurgie cartilagineuse est très dépendante de l’indication.
- Le traitement du cartilage isolé échoue si l’environnement mécanique reste défavorable.
Cartilage et os sous-chondral
Le cartilage articulaire n’a pas la même capacité de cicatrisation qu’un tissu vascularisé. Une lésion profonde peut aussi affecter l’os sous-jacent, ce qui influence douleur et traitement.
Pourquoi l’axe et le ménisque comptent
Une reconstruction cartilagineuse dans un compartiment surchargé par un varus important ou privé d’un ménisque fonctionnel peut être vouée à l’échec si la cause mécanique n’est pas corrigée.
Quelles options ?
Rééducation, adaptation de charge, parfois microfractures dans des indications limitées, techniques d’ostéochondral autograft/allograft ou autres procédures de restauration sont discutées selon taille, âge et localisation.
Quand parle-t-on plutôt d’arthrose ?
Lorsque les lésions sont diffuses, associées à un pincement, des ostéophytes et une atteinte globale du compartiment, la logique n’est plus celle d’une réparation focale du cartilage.
Une lésion focale n’est pas une arthrose diffuse
Chez un patient jeune, une lésion cartilagineuse isolée après traumatisme peut être entourée d’un cartilage globalement sain. Dans l’arthrose, le problème concerne au contraire l’ensemble de l’environnement articulaire. Les techniques de réparation ne répondent pas à ces deux situations de la même façon.
Avant de parler de « réparer le cartilage », il faut donc préciser la taille, la profondeur, la localisation, l’état de l’os sous-chondral et la qualité du reste du genou.
L’environnement mécanique conditionne le résultat
Une reconstruction cartilagineuse dans un compartiment fortement surchargé par un varus, avec ménisque non fonctionnel ou instabilité ligamentaire persistante, a moins de logique si ces facteurs ne sont pas traités.
Dans certains cas, une ostéotomie, une réparation méniscale ou une stabilisation ligamentaire fait partie du projet de préservation autant que le geste sur le cartilage lui-même.
Pourquoi les injections ne « recréent » pas un cartilage normal
Certaines injections peuvent améliorer les symptômes de l’arthrose, mais elles ne doivent pas être présentées comme une reconstruction démontrée d’une surface cartilagineuse normale. Cette distinction est particulièrement importante pour le PRP et les traitements cellulaires.
Le patient doit savoir si l’objectif proposé est antalgique, biologique expérimental ou réellement reconstructif.
Ce que les patients demandent souvent
Le cartilage repousse-t-il après une microfracture ?
Le tissu obtenu n’est pas identique au cartilage hyalin natif.
Le PRP répare-t-il une lésion cartilagineuse ?
Il peut améliorer certains symptômes dans l’arthrose, mais ne reconstruit pas de façon démontrée une surface cartilagineuse normale.
Références et recommandations
- HAS — Traitement des lésions cartilagineuses symptomatiques du genou : principes d'indication
- SOFCOT — Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique : médiathèque scientifique
- swiss orthopaedics — Recommandations et publications (genou, infiltrations, LCA, indication de prothèse)
- AAOS — Management of Osteoarthritis of the Knee (Non-Arthroplasty), CPG