À retenir en 30 secondes
- La dysplasie est un spectre, pas un diagnostic binaire.
- Le LCEA seul ne résume pas la stabilité de la hanche.
- Le labrum peut devenir hypertrophique et surchargé.
- Selon l’âge, l’arthrose et la morphologie, le traitement va de la surveillance à la chirurgie de réorientation.
Pourquoi la hanche dysplasique peut-elle faire mal ?
Lorsque la tête fémorale est moins couverte, les contraintes se concentrent sur une surface plus réduite. Le labrum peut être davantage sollicité, et une sensation d’instabilité ou une douleur de l’aine peut apparaître.
Quels paramètres analyser ?
Couverture latérale et antérieure, pente du toit acétabulaire, version du cotyle, version fémorale, congruence, état du cartilage, labrum et mobilité. Une dysplasie « limite » ne peut pas être décidée sur un seul chiffre.
Arthroscopie ou ostéotomie ?
Une arthroscopie isolée n’est pas adaptée à toutes les dysplasies. Si le problème principal est une insuffisance de couverture, une réorientation acétabulaire par ostéotomie péri-acétabulaire peut être la stratégie pertinente chez un patient sélectionné sans arthrose avancée.
Organisation de la prise en charge
Ces situations sont spécialisées. L’évaluation initiale doit déterminer le mécanisme dominant. Lorsque la chirurgie nécessite une expertise complémentaire, elle peut être organisée en collaboration au sein d’un réseau de chirurgiens de hanche, sans fragmenter inutilement le parcours du patient.
Quand une expertise complémentaire devient utile
Certaines dysplasies relèvent d’une ostéotomie péri-acétabulaire. Je réalise l’évaluation de ces situations et, lorsque ce type de geste est indiqué, l’organisation peut se faire en collaboration avec des chirurgiens spécialisés dans cette chirurgie de réorientation.
Pourquoi un seul angle ne suffit pas
La dysplasie ne se résume pas à un angle centre-bord. Couverture antérieure et postérieure, inclinaison du toit, version acétabulaire, version fémorale, congruence, labrum et état du cartilage contribuent tous à la mécanique de la hanche.
Une valeur « limite » doit donc être interprétée dans le contexte du patient. Deux hanches ayant le même angle peuvent avoir une stabilité et des contraintes très différentes.
Dysplasie et conflit peuvent coexister
Une hanche insuffisamment couverte peut aussi présenter une morphologie cam. Traiter uniquement le cam dans une hanche dont le problème principal est l’instabilité peut aggraver le déséquilibre. Inversement, toute dysplasie radiologique n’est pas nécessairement symptomatique.
C’est pourquoi les gestes osseux et arthroscopiques doivent être envisagés dans une stratégie commune plutôt que comme des solutions indépendantes.
Ce que les patients demandent souvent
Une dysplasie légère doit-elle être opérée ?
Non. Beaucoup de situations se traitent d’abord de façon conservatrice et certaines restent stables.
Une dysplasie peut-elle provoquer une lésion du labrum ?
Oui, le labrum peut être surchargé par le défaut de couverture.
Une PAO est-elle possible après 40 ans ?
Dans certains cas très sélectionnés sans arthrose importante, oui ; l’âge seul n’est pas le seul critère.
Références et recommandations
Sélection de recommandations et publications utilisées pour cette page. Les sources suisses et françaises sont privilégiées lorsqu’elles existent et sont pertinentes ; elles sont complétées par les recommandations internationales et les études pivots.