Hanche · Préservation

Chirurgie conservatrice de la hanche

La chirurgie conservatrice vise à corriger certains problèmes mécaniques chez des patients dont l’articulation reste suffisamment préservée.

Préserver plutôt que remplacer

L’objectif est de traiter une cause mécanique avant qu’une arthrose avancée ne rende la préservation peu pertinente.

Quelles interventions ?

Arthroscopie, correction CAM, réparation labrale, ostéotomie péri-acétabulaire ou fémorale selon le problème.

La sélection est centrale

Qualité du cartilage, anatomie, symptômes et attentes conditionnent le bénéfice attendu.

Quand ce n’est plus la bonne stratégie

En présence d’arthrose avancée, une chirurgie de préservation peut apporter peu de bénéfice.

Préserver la hanche signifie d’abord comprendre pourquoi elle souffre

La chirurgie conservatrice regroupe plusieurs familles de gestes qui n’ont pas la même cible : conflit fémoro-acétabulaire, lésion labrale, instabilité liée à une dysplasie, anomalie de torsion ou autre déformation. Une même douleur de l’aine peut donc conduire à des traitements très différents.

Le bilan vise à distinguer une articulation encore préservable d’une hanche où le cartilage est déjà trop dégradé pour attendre d’une correction morphologique un résultat durable.

Peu de gestes sont réellement interchangeables

Une arthroscopie peut traiter un cam et réparer un labrum ; une ostéotomie fémorale corrige une torsion ; une ostéotomie péri-acétabulaire réoriente l’acétabulum dans certaines dysplasies. Choisir l’un à la place de l’autre simplement parce qu’il est moins invasif peut être une erreur de logique.

Ces situations sont moins fréquentes que l’arthrose classique et justifient une analyse détaillée, parfois avec planification tridimensionnelle.

Collaboration pour les cas complexes

Le Dr Stanovici réalise l’évaluation et plusieurs chirurgies de préservation de hanche. Lorsque la correction indiquée nécessite une ostéotomie péri-acétabulaire, le parcours peut être organisé en collaboration avec des chirurgiens ayant une pratique spécifique de cette technique.

Cette collaboration intervient après l’évaluation du problème ; elle ne remplace pas la discussion initiale sur la pertinence même d’une chirurgie.

Le cartilage fixe une limite importante

Une chirurgie de préservation est d’autant plus logique que l’articulation possède encore un cartilage suffisamment sain. Lorsque l’arthrose devient avancée, corriger parfaitement la morphologie ne supprime pas la maladie cartilagineuse déjà installée. C’est l’une des raisons pour lesquelles le même conflit fémoro-acétabulaire n’a pas la même indication à 25 ans et à 55 ans.

L’évaluation cherche donc non seulement le mécanisme douloureux, mais aussi le potentiel de survie de l’articulation native. Une chirurgie techniquement possible n’est pas forcément une chirurgie utile.

La planification 3D dans les déformations complexes

Certaines anomalies de torsion fémorale ou combinaisons dysplasie–conflit sont difficiles à comprendre sur une radiographie standard. Une reconstruction tridimensionnelle peut aider à visualiser la version du fémur, l’orientation acétabulaire et la façon dont ces paramètres interagissent.

La 3D ne crée pas une indication à elle seule. Elle sert surtout à mieux décrire la déformation et à tester mentalement la cohérence d’une correction avant de choisir le geste.

Ce que j’explique avant une chirurgie de préservation

Le patient doit savoir quel symptôme on espère améliorer, quelle déformation on corrige, ce qui sera fait sur le labrum ou la capsule, et quelles limites sont imposées par l’état du cartilage. La récupération d’une chirurgie de préservation peut être plus longue qu’une petite cicatrice ne le laisse imaginer.

Dans les cas complexes, accepter une discussion multidisciplinaire ou une collaboration chirurgicale fait partie d’une prise en charge rigoureuse. La rareté d’un geste ne doit pas conduire à le proposer trop facilement, ni à l’écarter lorsqu’il est réellement indiqué.

Références et recommandations

  1. Griffin DR et al. The Warwick Agreement on femoroacetabular impingement syndrome. Br J Sports Med. 2016.
Auteur médical : Dr Julien Stanovici, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur. Dernière révision : août 2026. Information générale, à interpréter dans le contexte de chaque patient.