Genou · Prothèse

Alignement personnalisé en PTG : mécanique, cinématique et équilibre ligamentaire

L’alignement d’une prothèse de genou n’est plus seulement une question d’obtenir des coupes perpendiculaires à un axe théorique. Il s’agit de reconstruire une articulation stable en respectant au mieux l’anatomie propre du patient.

L’essentiel

À retenir en 30 secondes

  • L’alignement mécanique reste une référence historique solide.
  • Les approches cinématiques cherchent à restaurer davantage l’anatomie constitutionnelle.
  • Éviter les releases ligamentaires est un objectif important dans ma pratique.
  • Une grande déformation extra-articulaire ne doit pas être corrigée artificiellement uniquement dans le genou.

L’alignement mécanique classique

Il cherche traditionnellement à placer les composants selon des repères orthogonaux au grand axe du membre. Cette stratégie a contribué à l’excellente longévité des PTG modernes et reste une approche valide.

Pourquoi personnaliser ?

Tous les individus n’ont pas naturellement un membre parfaitement « droit » selon ces critères. Forcer certaines anatomies vers une cible unique peut nécessiter des releases ligamentaires ou modifier les espaces articulaires. Les philosophies cinématiques tentent de mieux restaurer l’enveloppe pré-arthrosique lorsque cela reste biomécaniquement raisonnable.

Le rôle des ligaments

Dans ma pratique, l’objectif central est d’obtenir un genou équilibré sans release ligamentaire lorsque cela est possible. Un ligament libéré ne peut pas simplement être « remis » comme avant. La stratégie osseuse est donc ajustée autant que possible pour respecter l’équilibre des tissus mous.

Grandes déformations

Lorsque le varus ou le valgus est très important, il faut déterminer quelle part vient de l’articulation et quelle part se situe dans le fémur ou le tibia. Une déformation extra-articulaire majeure peut justifier une correction osseuse séparée plutôt que d’imposer à la PTG une correction qu’elle n’est pas conçue pour absorber.

Ce que dit la littérature

Les études récentes sont globalement encourageantes pour les stratégies cinématiques ou restreintes chez des patients sélectionnés, mais le suivi à très long terme est moins abondant que pour l’alignement mécanique. La bonne approche reste donc une personnalisation raisonnée, pas une nouvelle règle universelle.

Questions fréquentes

Ce que les patients demandent souvent

Le cinématique signifie-t-il laisser une jambe très déformée ?

Non. Il existe des limites et la déformation globale doit être comprise.

Pourquoi éviter les releases ?

Parce qu’ils modifient la tension des tissus mous ; je préfère conserver l’enveloppe ligamentaire native lorsque c’est possible.

Le robot impose-t-il un alignement ?

Non. Il mesure et aide à exécuter la stratégie choisie par le chirurgien.

Révision médicale : Dr Julien Stanovici, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur. Dernière révision : août 2026. Ce contenu informe et aide à préparer une consultation ; il ne remplace pas une évaluation médicale individualisée. À propos de l’auteur.
Prendre rendez-vous